Edito : Locomotives publiques

Edito : Locomotives publiques

A la faveur du projet de loi de Finances 2019, qui comporte une nouvelle liste de privatisables, on assiste à la montée (ou au retour) d’un vieux discours populiste qui accable l’entreprise publique de tous les maux.

Pour la simple raison qu’elle est étatique, et donc en liaison avec la sphère des deniers publics, l’entreprise publique se trouve de facto, et souvent à tort, au banc des accusés et étiquetée comme étant un boulet. Ce qui n’est évidemment pas vrai dans beaucoup de cas. Et ceci n’est pas le propre du Maroc. De grands pays connus pour être les fiefs du capitalisme privé, comme la France, le Canada, le Royaume-Uni, le Japon, la Chine, entre autres exemples, maintiennent des entreprises sous le contrôle de l’Etat et en font même des vaisseaux amiraux pour le rayonnement de leurs économies à l’international et drainer des recettes à l’export. Et quand ces entreprises publiques sont en difficulté, les Etats volent très souvent à leur secours sans aucune hésitation.

Au Maroc aussi, les entreprises publiques ne sont pas forcément que des boulets pour la communauté mais peuvent, au contraire, jouer le rôle de leaders et de locomotives. OCP, CDG, RAM, Crédit Agricole du Maroc, Autoroutes du Maroc, ONEE, ONCF… que serait l’économie marocaine sans ces mastodontes qui, en plus d’opérer sur des secteurs névralgiques pour le pays, créent des milliers d’emplois directs et d’autres indirects à travers la commande publique qui profite à des dizaines de milliers de PME ?

Au regard des défis qui se posent aujourd’hui, le caractère public ou privé d’une entreprise est un débat plus que secondaire. Le plus important c’est que les entreprises quelle qu’en soit la nature créent des emplois, de la valeur et du progrès qui, in fine, profiteront au pays tout entier.

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