Edito : Messe royale

Edito : Messe royale

L’un des moments forts et remarquables de la visite du Pape François au Maroc a été incontestablement ce discours royal prononcé en quatre langues.

La principale symbolique d’un tel discours renvoie évidemment au statut du Maroc comme étant, depuis toujours, une terre de diversité où se rencontrent et cohabitent les cultures, les civilisations et les religions dont les langues sont l’incarnation par excellence. C’est la meilleure vitrine de ce Maroc ouvert, tolérant et pluriel pour les millions, voire les milliards de personnes aux quatre coins du monde qui ont pu suivre la cérémonie.

Cependant, ce discours en quatre langues recèle aussi et surtout une symbolique presque codée et un message subliminal fort adressé cette fois-ci aux Marocains eux-mêmes et plus particulièrement à la classe politique. Heureuse coïncidence, ou choix bien calculé, il se trouve que cet acte royal très fort vient à la veille d’un rendez-vous important au Parlement où les élus doivent débattre et voter un texte de loi fondateur pour le pays, à savoir la loi-cadre sur l’éducation. Les élus de la Nation vont ouvrir ce lundi 1er avril une session extraordinaire spécialement dédiée à la question. Et ce texte bute encore sur la fausse problématique des langues instrumentalisée par une bonne partie de notre classe politique. En prononçant un tel discours, le Souverain a transmis donc un message on ne peut plus clair à la classe politique et en quatre langues: il faut en finir avec ce faux débat «démago» sur les langues. La messe est dite !

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