Edito : Moraliser le privé

Edito : Moraliser le privé

Situation contrastée et floue en ce qui concerne les délais de paiement. Alors que l’État, chiffres et preuves à l’appui, démontre que les délais de paiement des entreprises publiques et des administrations ont baissé de manière spectaculaire, la communauté des affaires continue encore à se plaindre.

En fait, ce que souvent les analystes et commentateurs oublient de signaler c’est que le problème des délais de paiement ne se réduit pas seulement à la partie publique. Il y a également les délais pratiqués entre les entreprises privées elles-mêmes. Et à ce niveau précisément, il y a encore beaucoup à faire. Un texte légal à lui seul ne pourra jamais régler le problème quand bien même il comporterait des mesures coercitives et des sanctions pécuniaires.

Il s’agit d’abord et avant tout d’un état d’esprit. Le fait de ne pas payer à temps ses fournisseurs procède de la même logique que de la fraude fiscale ou de la triche sur les déclarations sociales des employés. Il y a quelques jours, d’ailleurs, le ministre des finances, avec tous les pouvoirs qu’il a en matière d’application des lois, semblait presque désarmé face au volume de la fraude fiscale. La conformité des entreprises privées à leurs obligations légales et sociales est une affaire surtout de prise de conscience du devoir collectif.

Et à ce niveau, s’il y a une organisation qui a un rôle central à jouer, c’est bien la CGEM. Cette dernière ne doit pas rester uniquement un «syndicat» pour défendre les intérêts purement financiers et aux relents «capitalistes». La CGEM doit être également et surtout un canal à travers lequel sont véhiculées les notions de l’entreprise intègre, citoyenne et créatrice de valeurs pour la communauté…       

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