Edito : Partenaire fiable et utile

Edito : Partenaire  fiable et utile

Le déplacement de la numéro deux de la Commission européenne au Maroc n’est pas un acte fortuit ni de routine.

Certes, l’adoption récente coup sur coup de l’accord de pêche et celui agricole par les instances européennes fournit un bon contexte et prétexte pour une telle visite. Mais ce n’est pas tout. Si la vice-présidente de la Commission et haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité est venue en personne à Rabat c’est parce que l’Europe traverse une conjoncture cruciale où elle doit impérativement replanter son étendard et inventorier les pays qui sont des partenaires précieux et indéfectibles.

Le désengagement du Royaume-Uni de l’Union, suite au vote du Brexit, a ouvert, qu’on le veuille ou non, une fissure dans la construction européenne qu’on croyait forte et à toute épreuve. Après avoir quitté l’Europe des 27, le futur ex-partenaire britannique se tournera probablement vers d’autres horizons pour nouer de nouvelles alliances stratégiques. Et, évidemment, le rival américain n’attend que ça. A l’Est de l’Europe, se trouvent deux mastodontes, la Russie et la Turquie, qui nouent leurs propres alliances, visiblement pas dans la même lignée que les intérêts de l’Europe. Cette dernière est donc consciente que les menaces et enjeux géopolitiques, sécuritaires, migratoires et même économiques des années à venir lui imposent de resserrer les partenariats avec des pays fiables et utiles dans son voisinage immédiat.

Contrairement à la Turquie volatile et imprévisible, le Maroc fait partie de ces partenaires fiables et n’a plus besoin d’en donner les preuves.

C’est aux Européens de faire preuve de plus de discernement comme ils viennent d’ailleurs de le faire avec les deux accords et de s’inscrire véritablement et durablement dans une logique win-win.

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