Edito : Sordides déballages

Edito : Sordides déballages

La moralisation de la vie publique passe par la reddition des comptes qui exige de tout haut responsable de rendre publics certains aspects et volets de ses activités pouvant parfois empiéter sur la vie privée.

Le Maroc, comme d’autres pays à travers le monde, a choisi courageusement l’instauration de certains mécanismes garde-fous comme, par exemple, la déclaration du patrimoine à laquelle sont assujettis les hauts fonctionnaires et commis de l’Etat.

Cependant, l’obligation de tenir ce genre d’informations et de renseignements à la disposition du public est une chose et faire dans le déballage sordide en grand public de sa vie privée en est une autre. Ce que veut savoir le citoyen lambda ce n’est pas combien touche untel, si untel a une usine de chaussettes ou une imprimerie qu’il a revendue entre- temps ou si tel autre possède une villa, un appartement et un compte joint avec son épouse… ce sont des détails qui ne font le bonheur que des accros du «voyeurisme» et des concernés eux-mêmes.

En revanche, ce que le citoyen lambda veut savoir c’est qu’il peut demain librement s’adresser à une institution ouverte à tous où il pourrait consulter, par exemple, toutes les déclarations de patrimoine et les documents qui l’aideraient à s’assurer de la moralité d’un élu, d’un président de conseil, d’un maire, d’un parlementaire, d’un ministre ou autre. Le tout, bien entendu, dans le strict respect de la loi sur la protection de la vie privée.

L’obligation d’un responsable est de déclarer en toute sincérité et libre au citoyen d’aller ou non y jeter un coup d’œil. Que certains politiciens viennent aujourd’hui nous imposer leurs sordides histoires strictement privées relève, une fois de plus, de la pure démagogie comme pour les shows en live d’ailleurs…

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