Edito : Triste souvenir

Edito : Triste souvenir

Le 16 mai. Une date qui sonne dans les oreilles des Marocains comme un glas de peur et de tristesse tant elle renvoie inéluctablement au 16 mai 2003.

Ce jour-là, bien que datant maintenant de 15 ans, est encore présent dans les mémoires, dans les récits car il marquait le premier contact des Marocains avec un phénomène qu’ils ne connaissaient qu’à travers les images de ce qui se passait ailleurs. Jusqu’en 2003, on croyait à l’immunité. Mais à quelque chose malheur est bon même si la perte de vies humaines est dans tous les cas inacceptable. Ce 16 mai 2003 a ouvert les yeux sur un phénomène qui couvait parmi nous, au sein d’une société qui se disait ou se croyait à l’abri. Le 16 mai 2003 a également provoqué une remise en question profonde des méthodes de lutte contre les formes de radicalisme dont celui religieux. Il y a quelques jours, une information est passée inaperçue : le Maroc compte plus de 50.000 mosquées. Cela peut faire sourire ou susciter quelques commentaires ou questionnements quant à la pertinence d’un si grand nombre de ces édifices religieux au moment où on manque par endroits d’écoles publiques ou de centres de santé.

Pourtant, ces mosquées peuvent être considérées comme plus que de simples lieux de culte. Les 50.000 mosquées peuvent d’abord être un formidable réseau de veille pour anticiper la montée du radicalisme en l’affrontant à la source. Comme elles peuvent aussi servir de canal pour structurer et encadrer le discours religieux, étape cruciale dans la genèse du radicalisme. L’un des grands enseignements du 16 mai 2003 était que la déviance en société ne peut être appréhendée exclusivement sous l’angle sécuritaire. Ceci est encore plus vrai aujourd’hui avec le big bang technologique et communicationnel que connaît la société marocaine…

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