Edito : Vote de détresse

Edito : Vote de détresse

Le score, très large, de 77% auquel a été élu le nouveau patron des patrons, Salaheddine Mezouar, a suscité bien des commentaires. Certains y ont vu un résultat «naturel» au regard du profil des candidats qui étaient en course.

Trois fois ministre, ancien patron de l’Amith, association professionnelle du premier secteur industriel du pays en termes d’emplois, lui-même ancien patron d’une grosse entreprise de textile, pour certains aussi Salaheddine Mezouar était clairement et naturellement parti comme grand favori. Il ne pouvait pas en être autrement.

Mais au-delà du plébiscite suscité par le profil du candidat, il faut voir dans le score de Mezouar bien plus que l’expression d’un vote. C’est un véritable et sérieux cri d’alarme lancé par une partie de la communauté des affaires représentée à travers la CGEM. La présence en masse lors du jour des élections et le vote massif pour Mezouar reflètent l’état de détresse dans lequel se trouve la communauté des affaires vis-à-vis de l’ambiance qui règne actuellement. Le vote et le profil choisis sont aussi un message crypté envoyé aux pouvoirs publics et aux hauts responsables : les patrons cherchent le profil qui connaît les rouages du public, qui comprend comment fonctionne l’administration et qui, de par ses «relations», pourrait être un bon médiateur avec le public. Et les patrons ont tenu à l’exprimer très clairement à travers leur forte mobilisation et leur vote franc.

Or à travers la CGEM, il n’est question que d’une partie du secteur privé marocain et pas forcément la moins bien lotie. Que dire du reste du tissu productif, PME, des TPE, des microstructures, des entreprises familiales et des dizaines de milliers d’emplois et familles qui en vivent.

Le vote du 22 mai à la CGEM est un véritable appel de détresse. Sera-t-il entendu ?

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