Edito : We Casa ?

Edito : We Casa ?

Une ville sans histoire est une ville sans âme. C’est aujourd’hui malheureusement le cas de Casablanca.

Une ville, certes moderne, mais qui regorge de sites et de patrimoine qui racontent sa formidable épopée du début de siècle dernier. La métropole, ou plutôt ceux qui en ont la gestion ont tourné le dos à leur histoire pourtant très riche. La preuve, une ville comme Casablanca ne compte pas de musées. Contrairement aux autres villes impériales, comme Marrakech, Fès et Rabat, Casablanca a laissé sa médina tomber en lambeaux. Les centaines d’immeubles en centre-ville datant de l’ère coloniale, de petits bijoux d’architecture, sont laissés à l’abandon et à l’érosion du temps jusqu’à l’effondrement quand ils ne sont pas sciemment détruits ou défigurés. Une cité n’a de sens que si ses habitants se reconnaissent dans leur ville à travers notamment une histoire collective et commune. C’est cela l’identité d’une ville qui ne peut pas être créée ex-nihilo mais à partir d’un substrat historique.

Quand bien même on arriverait aujourd’hui à sauver ce qui peut encore l’être des bâtiments historiques, comme veut le faire l’agence urbaine, cela ne sera pas suffisant. Faire revivre le patrimoine ne consiste pas seulement en des opérations de rafistolage ou même des travaux lourds de génie civil pour restaurer les bâtisses. A quoi cela servirait-il d’avoir des immeubles art-déco historiques restaurés s’ils ne sont pas mis en valeur dans le cadre d’un marketing global de la ville en matière de culture, d’histoire et de patrimoine ? A quoi bon dépenser des budgets colossaux pour créer une marque qui s’appelle We Casa sans y donner du sens et de la consistance… ?

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