Éditorial

Y a-t-il un reflux de l’intégrisme au Maroc ? En ces temps de bilan, la question n’est ni saugrenue ni déplacée. La croissance économique a-t-elle fait reculer le fléau ? Les politiques sociales mises en place depuis 10 ans, notamment le grand chantier de l’INDH, ont-elles réduit le terreau de développement de l’extrémisme religieux ? Et, finalement, ce qui est considéré comme une politique de restructuration du champ religieux a-t-elle donné des fruits et limité la propagation dans le corps social du virus de la pensée religieuse radicale et ses pratiques déviantes, voire parfois criminelles ? Les questions sont nombreuses et malheureusement ces derniers temps, elles ne font plus débat ou si peu. Les choses se passent comme si nous voulons désormais occulter cette réalité. Ou comme si l’on considérait tous que l’accélération de la mise à niveau économique, avec ses grands projets d’infrastructures, allait finir par créer de la prospérité dans laquelle l’intégrisme se dissoudrait magiquement. C’est peut-être vrai. Des progrès ont été accomplis notamment dans la périphérie des grandes villes mais la lutte contre la misère et la pauvreté n’est pas terminée. Loin de là. Il y a un vrai effet retard entre le temps de la croissance économique et le temps de la résorption des déficits sociaux. C’est dans cette intervalle, plus ou moins long, où la société est la plus fragile, la plus attaquable, et où les franges les plus extrémistes prospèrent. La séquence n’est pas finie.

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