Éditorial

Mustapha Farès, le président de l’Amicale Hassania des magistrats, est incontestablement un des meilleurs juges de sa génération. Deux raisons expliquent cette appréciation enthousiaste mais totalement de bonne foi. La première, il a un parcours professionnel irréprochable. Tous les lieux communs que nous avançons régulièrement, des fois avec beaucoup de légèreté, sur les juges n’ont aucune prise sur sa pratique du métier ou le déroulement et le vécu de sa carrière. C’est un magistrat qui s’acquitte de son devoir en bon père de famille, c’est-à-dire honnêtement, et selon une haute conscience professionnelle. La deuxième raison qui expliquerait, s’il pouvait l’être, ce discours dithyrambique, et laudateur, est que Mustapha Farès développe, au sein de l’amicale professionnelle qu’il préside, avec ses homologues compétents, une réflexion stratégique qui démontre que les magistrats marocains, qui ne sont pas moins citoyens et patriotes,  ne sont ni des suicidaires, ni des adeptes de la politique de l’autruche ou, pis, de la méthode Coué. Ils ont un discours sur leur métier, sa pratique, ses failles et, surtout, son avenir. Voilà des gens que nous avons placés au centre de toutes nos insuffisances, qui sont depuis quelques années voués aux gémonies, que la vox populi stigmatise constamment, et que les médias écharpent avec une violence inouïe qui continuent à réfléchir, à avoir des idées, à les avancer, dans un calme et une sérénité remarquables. Ce n’est pas tous les jours que j’ai l’occasion de dire du bien des magistrats marocains, c’est plutôt rare, c’est pour cela que, cette fois-ci, je ne me gêne pas. Si nous arrivons un jour à briser l’épais mur de défiance qui sépare la Presse de la Justice, nous aurons tous fait quelque chose pour ce pays.

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