Éditorial

Les quantités de drogue saisies à la suite du récent démantèlement d’un important réseau de trafiquants sont simplement industrielles. La quantité étonne. Mais la variété aussi. Les drogues dures ont désormais leur titre de noblesse chez nous. Impressionnant. L’intervention solennelle télévisée à ce sujet du procureur général de la  Cour d’appel de Casablanca ajoute une intensité dramatique à une affaire qui est déjà assez grave en elle-même. Nous venons manifestement de franchir en la matière un nouveau palier. Le nombre de personnes incriminées, leurs qualités, leurs origines, leurs implantations géographiques, etc., tout montre que nous avons changé de division. Deux questions se posent immédiatement. Avons-nous des moyens sérieux pour combattre ce fléau ? Dans la négative, il faut agir vite. Notre personnel  sécuritaire est-il formé à ce combat et ses structures sont-elles adaptées pour ce faire ? Dans le cas contraire, il faut déclencher une vraie procédure d’urgence pour permettre une mise à niveau rapide. Ces réseaux constituent une vraie menace multiforme pour le pays. Au-delà de tous les aspects liés aux violations de la loi, et que la loi réprime, c’est l’Etat lui-même qui est visé dans sa crédibilité, dans sa stabilité et dans sa légitimité. Par expérience internationale, et nationale aussi, nous savons que quand des niveaux d’autorité mafieux s’implantent sur un territoire, ce sont les structures de l’Etat qui sont éjectées en premier lieu. Les exemples abondent. Nous n’avons pas besoin de vérifier davantage cet axiome pour agir. Un chiffre: aujourd’hui, il y a près de 50.000 détenus dans les prisons au motif de trafic de drogue. C’est l’équivalent de la population d’une petite ville !

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