Éditorial

La qualité d’un jeune ministre frais et spontané est qu’il dit la vérité. C’est une qualité extraordinaire mais elle est éphémère. Un nouveau ministre a besoin en général de peu de temps pour maîtriser la langue de bois, la dissimulation, la réponse à côté et la fausse séduction. C’est exactement le temps, si on le mesure, qui sépare sa nomination de sa première bourde médiatique. Il est plus ou moins long en fonction de la nature de la bourde et, surtout, de la densité de l’état de grâce dont bénéficie l’intéressé. Mais inévitablement, la fonction fantasmée finit par être brutalement rattrapée par la fonction réelle. C’est un principe de réalité ministérielle que l’on a vu récemment en action. Moncef Belkhayat, nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports, frais et spontané, dit dans la presse, à deux fois, qu’il est istiqlalien d’engagement, mais s’il est rentré au gouvernement sous les couleurs du RNI, c’est parce que le seul poste vacant était de cette couleur. Y aller avec les couleurs de son parti d’origine, l’Istiqlal, aurait posé des problèmes d’équilibre partisan et créer sans aucun doute des problèmes au Premier ministre. Sa concession l’honore. Il nous offre dans le même élan une stabilité politique appréciable et une recrue de qualité pour un parti, le RNI, — il croule actuellement sous l’ambition frustrée collective de ses ministrables en colère — qui n’en demandait pas tant. L’on apprécie également le fait que Abbas El Fassi ne se soit pas formalisé outre mesure qu’un de ses cadres de valeur aille courir, provisoirement, pour une autre écurie. Maintenant, pour revenir au sympathique Moncef Belkhayat, il est clair qu’il présentera, à l’avenir, les choses autrement. Nous, on aura perdu en spontanéité et en fraîcheur, mais on aura, en contrepartie, gagné un ministre madré.

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