Éditorial

Le discours de M. Omar Hilale devant le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Genève, au sujet des Sahraouis marocains séquestrés à Tindouf en Algérie, est un morceau d’anthologie diplomatique et juridique. Le diplomate est à l’évidence compétent, il est au sommet de son art. Et, en sus, la cause est noble. La littérature du HCR sur les droits inaliénables des réfugiés vient de s’enrichir d’une contribution intellectuellement décisive qui fait vaciller l’institution onusienne sur ses fondements juridiques et moraux. Pourquoi accepte-t-elle de garder dans la captivité et l’encerclement une population déplacée qui n’a jamais bénéficié d’aucun droit que lui confère justement le droit international. Le rapatriement volontaire, l’intégration ou la réinstallation dans des pays tiers. Aucune de ces options légales, devant un HCR impuissant, n’a été sérieusement et honnêtement envisagée. La puissance séquestrante, à savoir l’Algérie, s’oppose à toute amélioration durable de la vie de ces populations dont la situation humanitaire est dans une dégradation très avancée. Qui a peur de la liberté ? Qui est menacé par la liberté des Sahraouis d’aller et venir ? Qui doute de son endoctrinement idéologique ? Qui ne croit pas à sa «cause» qui a généré un mercenariat d’envergure et une bureaucratie corrompue dont le seul objectif est de maintenir son pouvoir sur les camps ? Le drame humain qui se joue à huis clos à Tindouf doit cesser. M. Antonio Guterres, Haut commissaire aux réfugiés, qui a vu la situation sur le terrain, et a pu comprendre la nature du piège qui s’est refermé sur ses populations, ne peut jamais dire qu’il ne savait pas. Tout le monde, désormais, sait.

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