Éditorial

Et bien dansez maintenant ! La fable est connue. Les déboires de la cigale — on dirait aujourd’hui des erreurs de gouvernance — face à une fourmi prévoyante sont sanctionnés par un hiver rigoureux et une implacable famine. Pour ne pas filer davantage la métaphore, disons que le renouvellement du tiers de la deuxième Chambre vient confirmer le rapport de force qui s’est dégagé des élections communales. En cascade, le nouveau rapport de force politique est en train de s’installer dans les institutions représentatives. Il est trop tard pour s’en émouvoir. La prééminence électorale du PAM est en train d’entrer dans les hauts lieux institutionnels de la monarchie dont le point d’orgue, en attendant 2012, sera sans doute la montée sur le perchoir de la deuxième Chambre, la présidence, du SG de ce parti M. Mohamed Cheikh Biadillah. Il ne reste aux autres que les yeux pour pleurer. Ce qui s’est passé dans le domaine politique est, peut-être,  en train de se passer dans le domaine de la presse. Après plusieurs appels solennels à une rénovation qui n’est pas venue, le tracteur s’est mis en route écrasant tout sur son passage pour opérer une mise à niveau volontariste et brutale devant les acteurs médusés. Le tracteur politique a, aujourd’hui, fait la moitié du chemin, sans que l’on sache si le mieux est l’ennemi du bien,  mais le plus dur est à venir. Le tracteur de la presse, lui, a démarré en trombe sans que personne ne connaisse sa feuille de route, ni les chemins qu’il compte emprunter. On sait, de science certaine, dans cette matière, que les dégâts seront énormes. Il faut juste faire attention que ce tracteur-là n’emporte pas tout sur son passage. La démocratie, si on y tient encore, est tellement fragile.

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