Éditorial

Chez nous la majorité s’oppose et l’opposition soutient. Les rôles sont inversés. Le Premier ministre exécute un programme qui n’est pas le sien soutenu par des partis politiques qui ne font pas partie de sa majorité. Le bricolage parlementaire actuel est affligeant. La centrifugeuse politique tourne, certes, à grande vitesse. Le liquide clair qui doit en jaillir n’est pas encore tout à fait net. C’est vrai qu’elle tourne vite, mais le résultat se fait attendre. Le problème politique au Maroc c’est que tout le monde est d’accord sur tout, veut tout, et son contraire. Sans s’en donner les moyens. Tout le monde veut aller au gouvernement. Personne ne veut en sortir. Tout le monde veut devenir ministre. Tout le monde a les mêmes idées ou supposées. Les mêmes valeurs ou supposées. La même disponibilité ou supposée. Tout le monde fait semblant d’avoir des convictions ou supposées. Alors qu’en vérité tout cela c’est baudruche et compagnie… On suppose tout, en fait il n’y a rien. Le vide politique sidéral est rempli par la médiocrité abyssale. Doit-on attendre 2012 pour y voir un peu plus clair ? Pour mettre de l’ordre ? Le doute est permis quant à la pertinence de cette échéance. Sa pertinence démocratique ou institutionnelle ne recoupe pas parfaitement l’urgence des intérêts réels du pays qui a besoin de travailler plus vite et plus efficacement. Il peut s’avérer néfaste de  traîner davantage avec soi un exécutif fragilisé, perclus par les affaires, désormais peu significatif sur le plan politique et dont l’unique ambition est de durer. Plus que d’un large et profond remaniement ministériel, nous avons besoin d’un souffle nouveau. D’un nouvel élan. Le pays en a les moyens.

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