Éditorial

L’élection de Mohamed Cheikh Biadillah, le SG du premier parti de l’opposition, à la présidence de la deuxième Chambre «ne peut qu’enrichir l’expérience démocratique marocaine». Mieux que cela, on cherche des exemples ailleurs : «De nombreux pays de tradition démocratique séculaire veillent à ce que le président de la Chambre Haute soit un membre de l’opposition». L’on voit bien que le ministre chargé des Relations avec le Parlement, M. Mohamed Saâd Alami, ne se formalise pas davantage que ce poste stratégique ait échappé à sa majorité. Quand la démocratie s’enrichit, il ne trouve pas de mal à ce que sa propre majorité s’appauvrit. Il loue le climat qui a entouré l’événement comme un «climat de parfaite souplesse, d’honnêteté et de transparence». Mais est-ce que c’est vraiment la souplesse qui est attendue d’une majorité qui gouverne ? Est-ce que ce type d’argumentaire renforce la crédibilité politique du gouvernement. M. le Premier ministre ne doit pas prendre à la légère l’impact de ce type de discours ou sous-analyser un fait de cette nature. Un Premier ministre, istiqlalien de surcroît, se doit normalement d’avoir un programme et une majorité. S’il n’a ni l’un, ni l’autre, de l’avis même d’un de ses éminents ministres, c’est que le gouvernement qu’il dirige a perdu la main. Nous sommes alors fondés d’avoir de sérieuses inquiétudes sur sa survie. Un excès de souplesse peut aussi tuer.

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