Éditorial

Le destin du gouvernement de Abbas El Fassi est d’avoir constamment une épée de Damoclès sur la tête. Une ou plusieurs d’ailleurs. Une contestation interne larvée menée, actuellement uniquement par voie de presse, par son allié de l’USFP. Une sorte de soutien critique qu’avait inventé à l’époque le Premier ministre du temps où il était ministre de l’Emploi du gouvernement de Abderrahmane Youssoufi. Ses alliés lui rendent la politesse mais d’une manière, pour l’heure, plus soft. Et l’autre épée, et pas la moindre, est celle que représente le PAM. Embusqué dans l’opposition dans la position du tireur couché, il a le Premier ministre dans sa ligne de mire et le doigt fébrile sur la gâchette. Il peut tirer quand il veut. C’est exactement le sens du dernier communiqué du PAM. Tous ces éléments font, aujourd’hui, que Abbas El Fassi ne bénéficie pas de toutes les conditions de sérénité et de soutien pour engager valablement la deuxième partie de son mandat. A mi-parcours, sa majorité a un comportement erratique, à qui, lui-même, il envoie des signaux contradictoires. Et en même temps, il fait la danse du ventre — c’est de bonne guerre — au puissant PAM pour qu’il soit «affectueux» avec ses projets parlementaires. La situation est, pour le moins, inconfortable. Nous sommes arrivés à une illisibilité maximale et une confusion politique remarquable. Si les chemins de la mise à niveau politique du pays passent, selon ses stratèges, par ce type d’étape, il n’est pas absurde de croire que nous avons franchi un grand pas en avant.

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