Éditorial

L’Algérie officielle se lance, pas encore dans les faits mais dans le discours, ce qui est déjà pas mal, dans la fabrication d’une voiture algérienne. Abdelhamid Temmar, ministre algérien de l’Industrie et de la Promotion des investissements, est intarissable sur le sujet. Renault et Peugeot réunis doivent trembler. De fou rire. Mina et Fatia, c’est comme cela que ces véhicules vont s’appeler un jour, vont révolutionner le marché. Les multinationales n’ont qu’à bien se tenir. «Et voici, une nouvelle fois, répandu le fantasme de la voiture algérienne ! Le temps de se réveiller, le peuple aura savouré la fiction de son auto nationale, au prix abordable, disponible à souhait, conçue à sa guise et roulant au carburant local. Dans un monde irrémédiablement global, nos dirigeants nous concoctent encore des illusions de tribu confinée !» Le chroniqueur du quotidien Libération, sur ce coup, a l’air d’être bien éveillé. Car il est quand même étonnant que des esprits qui s’entichent de liberté, de dignité et de démocratie acceptent de voir leur pays ravalé à ce rang de médiocrité officielle. Mais pas tous. Un trait de clairvoyance lu le même jour dans le quotidien El Watan citant le politologue Mohamed Hachemaoui : «Les ratés du clientélisme d’Etat, le déficit de distribution clientélaire des ressources et des bénéfices de la rente aux groupes sociaux sont (…) le symptôme de la crise du politique. En refusant en effet l’institutionnalisation du conflit social, l’expression autonome des revendications et la représentation politique de la société selon les intérêts en conflit, le régime politique génère l’émeute, expression extrême et violente de la prise de parole.» N’en jetez plus, la coupe est pleine.

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