Éditorial

Ce n’est pas parce que Human Rights Watch (HRW) nous épingle de temps à autre que l’on doit se réjouir de ses difficultés morales. Un Etat quel qu’il soit, y compris le nôtre — ou surtout le nôtre qui est en transition  — doit accepter qu’il y ait des guetteurs moralement qualifiés, éthiquement aguerris et indépendants qui pointent ses dérapages, ses manquements ou ses défaillances en matière de droits de l’Homme. Le seul objectif de ces dispositifs de protection, qui ont pris beaucoup de poids avec l’universalisation de l’exigence démocratique, est d’offrir à l’humanité un cadre d’existence soucieux, intransigeant et respectueux de la dignité. Maintenant pour revenir à HRW, la déclaration de son fondateur au New York Times laisse très perplexe : «En tant que fondateur de Human Rights Watch, son président pendant 20 ans et actuellement son président d’honneur, je me vois contraint de faire une chose que je n’aurais jamais imaginée: me joindre publiquement à ceux qui critiquent cette organisation.» Quand les défaillances méthodologiques et éthiques étaient dénoncées par le Maroc, surtout au sujet des séparatistes, on faisait mine de soupçonner notre pays de vouloir s’absoudre de crimes innommables commis contre les droits de l’Homme dans les provinces du Sud. Quand le Maroc invitait HRW à donner symétriquement la pleine mesure de son talent à Tindouf, ses demandes étaient accueillies avec une méfiance qui était une insulte à l’objectivité. En adoptant, souvent, la stratégie de deux poids, deux mesures, HRW s’est disqualifiée de la scène morale internationale. La déclaration de son fondateur Robert L. Bernstein sanctionne sans détour cette dérive.

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