Éditorial

Le match est dur. L’arbitre regarde ailleurs. Le public siffle. Les coups sont à la déloyale. La justice s’auto-parodie — genre les grands procès du XXème siècle en Technicolor — victime d’une prise d’otage dont elle aurait pu se passer. Quand l’Etat français refait le match, c’est l’Histoire qui trinque. Sarkozy-Villepin 2 à 1, et la partie n’est pas terminée. Celle de l’opinion, le président français l’a largement perdue au cours d’un procès asymétrique. Il se peut qu’il remporte la partie judiciaire — justice dont il est le garant constitutionnel— mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Nicolas Sarkozy connaît ses classiques. En vérité, cela ne nous regarde pas. Trop franco-français, trop pointu pour nous. N’empêche que Dominique Galouzeau de Villepin, né un 14 novembre 1953, à Rabat, peut faire valoir auprès de nous le jus soli, le droit du sol. Il peut exciper d’une marocanité légitime. Aucun de ses concitoyens du Sud de la Méditerranée ne sera heureux de le voir pendu au croc d’un boucher. Un destin horrible que lui aurait souhaité ardemment son rival heureux. L’image fait froid dans le dos. Pendu à croc de boucher! L’imaginaire qui produit ce type d’image tranchante doit être fâché avec le bonheur. Ou pis avec l’humanité radieuse. Mais espérons que les esprits, l’affaire étant entrée dans un long délibéré, vont se calmer. Un ami me rapportait récemment que Moulay Ahmed Alaoui aurait dit un jour que les Marocains ont importé tous les défauts des Français en les améliorant. Un bon mot. On en prête beaucoup à l’ex-éditorialiste du Matin du Sahara. Mais ce mot-là a l’air de lui ressembler. Et de nous ressembler.

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