Éditorial

«Le monde a besoin du retour d’un Etat stratège, démocratique, moderne et régulateur». Cette phrase contenue dans le discours de SM le Roi à destination des participants à la 2ème «World Policy Conférence» à Marrakech est une phrase-clé. Un programme, une vision, une projection dans l’avenir. Qui chez nous peut ne pas adhérer à cette profession de foi ? Qui peut s’inscrire en faux contre cette analyse ? Qui peut imaginer un développement autre pour l’Etat au Maroc en dehors de cette mise en perspective frappée d’une intelligence politique indéniable ? Et pourtant, les agissements de notre Etat ne relèvent pas toujours du registre de la régulation, de la modernité ou de la stratégie. Quant à la démocratie, on peut dire que, quand elle tourne le dos à l’Etat de droit, elle s’expose à la vacuité, elle se vide de son sens. Expliquons-nous! Anticiper les crises, créer le cadre de leur résolution pacifique, faire évoluer le droit, promouvoir les principes éthiques en encourageant les «meilleures pratiques», mettre en avant une gouvernance par l’exemple et la reconnaissance, sommes-nous sûrs d’aborder les problèmes avec cette méthodologie. La brutalité dans les réactions à défaut d’analyse fine et complexe, la surenchère répressive au motif d’application de la loi, la démission des appareils de médiation qui trouve un plaisir morbide à jeter l’huile sur le feu, un gouvernement qui est dans le déni des problèmes et des difficultés, des ministres qui oscillent, alternativement, d’une manière infantile, entre la posture du Matamore et celle de Tartarin. L’on voit bien que nous sommes aux antipodes du discours royal au cénacle de Marrakech. Le problème du Maroc n’est pas la séparation des pouvoirs, notre Monarchie est exécutive et l’assume stratégiquement. Notre problème c’est qu’elle est la seule institution qui tourne bien, le seul pouvoir qui fonctionne. Les autres sont en panne. Y compris les contre-pouvoirs. Cette réalité est, aujourd’hui, le vrai frein à la modernisation du pays.

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