Éditorial

Hillary Clinton affirme que l’Administration Obama soutient le plan d’autonomie au Sahara. C’est net et sans bavures. Tous ceux, en interne et en externe, qui ont spéculé dans cette matière sur un changement en sont pour leurs frais. En fait, ils prenaient leur désir pour une réalité. La dimension psychiatrique de cette forme de perversion, surtout chez les monomaniaques, n’échappe à personne. Croire en la réalité de son désir, est-ce nécessairement prendre ses désirs pour des réalités ? Cette question risque de nous mener loin, alors que nous ne sommes pas préparés, revenons donc à notre sujet. Hillary Clinton semble être au Maroc chez elle. Affectivement, nous semble-t-il. Elle est à l’aise, elle connaît les lieux et elle connaît très bien la famille régnante. Un héritage de Hassan II qui a laissé à son successeur une relation de qualité avec la famille Clinton. Cette relation est à double sens. Elle n’est pas, en conséquence, à sens unique. C’est cela qui fait sa richesse. Exemple. Quelle est la part, intellectuelle je veux dire, des Clinton dans la maturation, la reformulation sous l’angle de l’autonomie — la plus large possible — de la question du Sahara ? Quelle est leur part déterminante dans l’adhésion par notre pays à ce projet réel de solution sérieux et crédible ? L’Histoire le dira un jour si elle est juste. Pour finir, le jeune et nouveau secrétaire général de Reporters sans frontières, tout à son inexpérience, a souhaité mêler Hillary Clinton à nos sordides affaires de presse. C’est une erreur à la fois stratégique et politique. Il se met à dos l’Etat marocain — un partenaire ? — qui est très chatouilleux sur les questions de souveraineté et il participe à une surenchère idiote qui annihile les efforts réels des représentations professionnelles marocaines dans la recherche d’une véritable sortie de crise. Quand on voit que son prédécesseur, pourtant assez fort en gueule, avait fini par devenir factotum chez une grande et richissime dame du Golfe, on devrait avoir quelques inquiétudes sur l’avenir du jeune Jean François Julliard.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *