Éditorial

Un analyste égyptien inspiré, sur une chaîne satellitaire de son pays, expliquait doctement que le problème entre l’Algérie et l’Égypte, dans ce qu’on peut appeler «la guerre du foot», provient du fait que les trois composantes qui forment la société algérienne portent une  haine indicible à l’égypte. La première composante qui est amazigho-kabyle hait tout simplement —  une question probablement d’ADN, selon lui —  les Arabes et surtout leur symbole flamboyant qu’est l’égypte éternelle. La deuxième composante est francophone : une espèce de conglomérat dégénéré, un héritage colonial, qui ne respire qu’avec l’Hexagone et ne nourrit que du mépris aux Arabes dont le symbole toujours flamboyant est, encore, l’égypte éternelle. La troisième composante, ce sont les intégristes qui portent une haine armée à l’arabité, symbole de décadence impie et de laïcité rampante dont l’égypte est le phare honni. Avant d’aller se faire payer pour sa prestation télévisée et cette analyse définitive, le gars a fait, en extra, un autre petit développement sur la faiblesse de l’Etat maghrébin et sa faible densité certainement pour des raisons socio-historiques et géopolitiques. Avec ces données théoriques d’une aussi bonne qualité et d’une si haute pertinence, les autres invités sur le plateau ont pu animer l’émission avec entrain. Du racisme, de la xénophobie, du «patriotardisme» de pauvres et du nationalisme aux pieds plats. Ces personnes civilisées et parlant un arabe châtié auraient, sans coup férir, fait un malheur si on les avait munies d’un coupe-coupe africain. Manches longues ou manches courtes, c’est au choix, comme on disait dans la banlieue de Kigali. Peut-on exciper à raison d’une civilisation millénaire et d’une culture irréfutable et réfléchir en dessous de ces exigences humaines et esthétiques ? Peut-on sublimer l’union des Arabes et l’arabité et ravaler son « frère » de sang au rang d’animal ? Ces deux questions ne sont pas fondamentales. Elles ne sont d’aucun intérêt pour nous. Pourquoi ? Parce que dans la manière dont elles sont posées— une arabité phantasmée —  et l’idéologique qu’elles charrient — l’unité improbable d’une nation arabe chimérique — il y a déjà les germes de l’exclusion, de la sauvagerie, de la guerre et de l’absence d’humanité, etc. Ajoutez à cela la frustration, la pauvreté, les régimes policiers, l’absence de démocratie, l’inculture épaisse des droits de l’Homme et un peu de football — cet opium des peuples indigents — et la boucle est bouclée.

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