Éditorial

Le retour des tribunaux hors-la-loi est une nouvelle catastrophique pour ce pays. Que cela se passe dans nos universités — les faits sont rapportés par la presse— rend la nouvelle encore plus catastrophique. De quoi s’agit-il ? Des étudiants se permettent de juger et de condamner leurs pairs, des étudiants comme eux, au motif que ceux-ci ne portent pas les mêmes valeurs qu’eux, qu’ils ne pensent pas comme eux ou qu’ils ne se comportent pas comme eux. Ils édictent des normes et tranchent. Les victimes de ces jugements illégaux et indignes sont chassées de l’université. Ils voient, ainsi, au mépris de la loi, et des droits humains les plus basiques, leur vie brisée sans aucune voie de recours. Le dernier cas, à Fès, concerne un tribunal animé par des étudiants affiliés à l’extrême gauche. Avant, à Oujda, c’était un tribunal d’obédience islamiste. Que font les présidents d’université dans ces cas ? Que fait le ministre ? Que fait le gouvernement ? Et que fait l’Etat ? La situation est tellement grave que la minimisation ou la politique de l’autruche n’y suffirait pas cette fois-ci. Le défi majeur pour notre pays — celui qui les résume tous — est d’installer un vrai Etat de droit. Aucune parcelle du territoire national ne doit se soustraire à cette volonté collective. Que ce soit dans les périphéries des villes, dans les zones grises de l’administration, dans les instances élues véreuses, dans les universités livrées à elles-mêmes, dans les organisations perdues, etc. Partout cette exigence d’Etat de droit doit s’exprimer de la manière la plus intraitable. Un pouce de terrain concédé en cette matière fait reculer le pays de plusieurs décennies.

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