Éditorial

Chacun d’entre nous pourra se faire une idée précise sur le pic inouï de violence qu’a atteint la controverse algéro-égyptienne au sujet d’un malheureux match de football en allant tout simplement sur Youtube. Il faut le voir pour le croire. De la violence à l’état pur. Au-delà des graves faits que nous avons tous pu commenter et analyser notamment dans leur volet politique, il reste dans  cette affaire une leçon connexe à tirer pour nous. Nous avons vu comment des médias populistes, sensationnalistes et démagogues ont pu, dans leur course effrénée à l’audience, allumer la mèche de la haine et libérer toute la violence enfouie sous la chape de plomb d’un régime policier. Nous avons vu comment la liberté d’expression a été détournée de sa noblesse pour servir la cause de l’inhumanité et de la bestialité. Nous avons aussi vu comment des hommes de médias, souvent publics, s’adressant directement aux téléspectateurs attisent la violence et appellent à la vindicte populaire. Les médias, dans ce cas, sont-ils dans leur rôle. Est-ce cela leur fonction ? Au Maroc, la presse écrite paie depuis de longues, et interminables, années le tribut du populisme et de la démagogie. Son impasse actuelle s’explique largement par cette dérive. Imaginez une seconde que nos radios privées basculent dans cette horreur absolue. Que des télés privées que nous n’avons pas encore — une chance ? — leurs emboîtent le pas. Où en serions-nous ?  La recherche à tout prix de l’audience, la faiblesse de freins déontologiques, l’absence d’outils d’autorégulation et des carences professionnelles criardes finissent par réunir les moyens de dérives fascistes avérées qui se fondent sur la manipulation de l’opinion publique à grande échelle. L’histoire contemporaine nous fournit de nombreux exemples édifiants de ces dérives qui ont toutes abouti à des génocides.

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