Éditorial

Décidément, plusieurs professions, actuellement, sont à la recherche d’une déontologie. D’une plate-forme morale et éthique pour exercer leur métier. Il n’y a pas que le malheureux secteur de la presse qui court éperdument derrière la sienne. Ce réveil éthique des professions au Maroc est significatif. Il veut dire des choses que les professionnels doivent impérativement entendre. C’est une demande explicite de la société. Ne pas y répondre, c’est prendre le risque d’être durablement en porte-à-faux par rapport aux mutations profondes que vit la société. Le débat est ouvert chez les médecins, les pharmaciens, voire les industriels de la pharmacie, les avocats, les architectes, les notaires, les magistrats, les journalistes, etc.  Partout où il y a un service ou une prestation intellectuelle, il y a une exigence déontologique  réelle. Les magistrats qui sont souvent sur la sellette sur ce type de questions ont le débat le plus avancé. La charte d’éthique judiciaire adoptée par l’Amicale Hassania des Magistrats est la clé de voûte incontournable de la réussite du projet de réforme de la justice. Cette charte, récemment discutée à Fès autour de M. Abdelaziz Bouziane, procureur général du Roi près la Cour d’appel de Fès et président du Bureau régional de l’Amicale, met en avant  dix principes : l’indépendance, l’intégrité, l’impartialité et la neutralité, l’égalité, le courage moral, la réserve et la dignité, la compétence, le comportement judiciaire, la décence et la solidarité. L’on voit bien que les débats sont sérieux et que l’approche est globale. La justice est au cœur des défis de la Nation. La presse, également,  a compris que les enjeux qui entourent la mise à niveau déontologique de la pratique sont les clés de la réforme du secteur. Toute avancée  dans l’organisation d’une autorégulation déontologique du secteur renforce les exigences légitimes des professionnels pour un nouveau Code de la presse moderne et libéral,  à la hauteur des  ambitions démocratiques du pays. La Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) et le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) lancent conjointement une large consultation nationale sur cette question d’autorégulation du secteur et du nouveau Code de la presse avec l’ensemble des groupes parlementaires à la Chambre des représentants et les principales ONG ou institutions des droits de l’Homme dans le pays. L’objectif est d’aboutir, à l’issue de ces consultations, et après avoir réuni tous les documents existants, à une Charte unifiée de déontologie et de mettre en place d’une manière indépendante les outils autonomes de sa promotion et de son application.

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