Éditorial

Les relations entre le Maroc et l’Espagne vont-elles rechuter? Il est vrai que le cas Haidar — la séparatiste en grève de la faim à Lanzarote — les met à rude épreuve mais les signaux d’une vigueur inédite, en temps de crise, existent. ça tangue, mais ça tient. Il y a du chahut mais il y a également de la constance, de la gestion et de la concertation. L’épisode burlesque du faux retour en avion de Haidar est justement l’exception, une manipulation qui confirme la règle. Les relations maroco-espagnoles sont désormais matures et montrent une capacité de résilience que l’on a peu remarquée par le passé. Tout est affaire de gouvernance. Quant à Madrid il y a un exécutif responsable, conséquent, soucieux de la densité historique et stratégique de nos rapports, les crises sont appréhendées dans leur propre dimension, isolées. Elles ne débordent pas à la différence de ce qui se passait avec le calamiteux Aznar de sinistre mémoire. L’Espagne a l’habitude des provocations des séparatistes mais les intérêts majeurs du pays dictent désormais de ne pas les assujettir à des manipulations algériennes par Polisario interposé. L’on voit bien avec cette affaire Haidar que l’Algérie, en tirant les grosses ficelles de la lamentable marionnette de Lanzarote, en utilisant des moyens de propagande d’Etat, veut bloquer les négociations et ruiner d’un seul coup tous les espoirs mis dans le plan d’autonomie que propose le Maroc et que soutient activement, notamment, l’Espagne. Il est vrai aussi que les fortes pulsions de politique politicienne espagnole, à caractère démagogique ou populiste, peuvent parfois compliquer la tâche du gouvernement mais l’essentiel est que sur le principal, sur le fond, les choses tiennent bon. Le Maroc reste un partenaire géostratégique de premier ordre pour l’Espagne et cette donnée fondamentale ne peut être balayée par une affaire montée de toutes pièces.

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