Éditorial

Nos divergences réelles et substantielles avec le ministre de la Communication, et porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri, sur la vision de l’avenir du secteur de la presse n’excluent ni une estime réciproque, ni des rapports civilisés fondés sur le respect mutuel. Aussi au moment où il vient de faire l’objet d’une agression caractérisée, par voie de caricature, sous la plume inutilement blessante, et en rupture totale avec toutes valeurs éthiques professionnelles, de Khalid Gueddar, dans l’hebdomadaire Le Journal, nous tenons à lui exprimer notre soutien entier et notre totale solidarité. Cette caricature montrant Khalid Naciri sous les traits d’un Satan en train de se faire lapider par des croyants alors que le ministre présidait la délégation officielle marocaine au pèlerinage de La Mecque, est une atteinte à sa dignité de personne et une offense à sa foi. Nous rejetons totalement ce procédé et nous marquons notre désaccord le plus absolu avec la démarche. L’art de la caricature, peut-être le plus difficile qui soit, suppose, plus que tout, une solide culture déontologique et un souci permanent de la dignité des gens. Or dans ce cas précis, toutes les digues à la fois humaines et intellectuelles ont cédé car, encore une fois, les fondements éthiques  essentiels de cet art étaient absents. M. Khalid Naciri, puisqu’il a décidé, par sagesse et élévation d’esprit, de tourner le dos à une procédure judiciaire, serait en mesure d’attendre des excuses en bonne et due forme de M. Khalid Gueddar. Celui-ci ne devrait pas faire, s’il est bien inspiré, de cette affaire de droit commun une affaire d’Etat. La grandeur d’un caricaturiste réside, aussi — en dehors de son talent qui est différemment appréciable —, dans sa capacité de reconnaître courageusement ses égarements quand ils se produisent.

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