Éditorial

On s’achemine manifestement vers une sortie de crise dans l’affaire Haidar. La durée de crédibilité d’une grève de la faim peut rarement dépasser les 30 jours. Et en plus, l’objectif affiché des sponsors de l’activiste sahraouie est, après avoir touché les dividendes d’une bonne campagne de propagande anti-marocaine, de ne pas laisser, par humanité (!) mourir la gréviste de la faim. Dans ce genre d’affaires, tout a un début et tout a une fin. Les Etats en conflit savent jusqu’où ils peuvent aller très loin. Les uns dans la fermeté principielle. Les autres dans la propagande manipulatrice. Et d’aucuns dans la médiation molle ou émolliente. Tout est affaire d’équilibre. Aminatou devra quitter son campement en carton-pâte d’une vague sous-production bollywoodienne. Les gauchistes désœuvrés devront retrouver leurs cafés habituels. Les mercenaires leurs employeurs. Les faux journalistes leurs donneurs d’ordre. Les généraux algériens leur obsession marocaine. Et les fins limiers de la DRS algérienne leurs prochains coups tordus. On revient, donc, à la case négociation et l’ONU qui a finalement suivi ce psychodrame avec beaucoup de philosophie se résout à reprendre les choses sérieuses là où elles ont été laissées. C’est-à-dire à une étape précise du processus de négociations. Ban Ki-moon appelle au cinquième round et rappelle, en même temps, à Christopher Ross sa mission. C’est ce dernier qui peut légitimement nous inquiéter. Il était visiblement visé. Une intimidation. On l’a peu vu, peu entendu, peu écouté dans cette crise. L’homme a de la densité. C’est inconstatable. Il connaît la région et sa sous-culture atavique qui est en fait une ignorance traditionnelle. Il connaît aussi les fanfaronnades, et autres hâbleries, arabes. Il a juste laissé la lourde séquence de la propagande folklorique se clore et il refera le point. Quoi de neuf ? Rien. C’est toujours un conflit direct algéro-marocain plus que trentenaire, sur fond de rivalités régionales, par le truchement d’un faux mouvement de libération et de vrais activistes locaux qui revendiquent une province marocaine du Sud. Les négociations sous l’égide de l’ONU portaient sur l’autonomie du territoire sous souveraineté marocaine. Elles reprendront sur cette base.

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