Éditorial

Voilà, encore une fois, une affaire de laquelle la presse ne va pas s’en sortir grandie. Mais cette pitoyable presse n’est plus à une catastrophe près. Malheureusement. Elle investit les rares espaces qui sont restés à peu près propres dans notre pays. Les rares personnalités qui n’ont pas encore été salies. Et les rares parcours qui n’ont pas été éclaboussés par la fange. L’attaque massive, brutale et frontale contre Driss Jettou relève de cette stratégie. Celle de tout, absolument tout, salir. De tout rabaisser. De tout oblitérer. On peut vouloir croiser le fer politiquement avec l’ex-Premier ministre —on ne s’est pas privé de le faire, en son temps, sur ces mêmes colonnes — mais là c’est plutôt d’indignité qu’il s’agit. En plein débat national, notamment politique et parlementaire, sur la déontologie de la presse, on aurait pu se passer de la contribution de ce confrère sulfureux. Elle alourdit inutilement la barque du secteur, brouille davantage l’image collective de ce métier, et surtout, nuit gravement à la dignité d’un honnête homme qui a toujours envisagé la vie publique, ou le monde des affaires — son métier d’origine — avec des pratiques d’un bon père de famille. De Gaulle a dit un jour: «Ce n’est pas à mon âge que je vais devenir dictateur !». Driss Jettou, lui, avance avec pertinence chez nos confrères de l’Economiste, que ce n’est pas à 65 ans qu’il va devenir un promoteur immobilier vorace faisant antichambre dans les couloirs de l’administration pour changer le tracé d’une bretelle d’autoroute. C’est ridicule, grossier et même pas intelligent. Driss Jettou nous a déclaré : «Par conviction, et ce n’est pas mon tempérament, je ne m’adresserai pas à la justice, mais si vous aviez une instance déontologique d’autorégulation, je me serai adressé à elle avec confiance. C’est quand même beaucoup».<

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