Éditorial

Le passeport marocain biométrique sera généralisé en 2010. Question simple. Est-ce qu’Aminatou Haidar en aura un ? Pouf, pouf, pouf ! Rire de ses malheurs est un trait de haute civilisation mais cette question mérite vraiment d’être posée tellement l’intéressée s’en fout. Passeport analogique ou digital, biométrique ou kilométrique, en caramel ou en chocolat peu importe. Elle en fait peu de cas. Pour elle l’aéroport de Laâyoune et sa police des frontières, c’est un moulin à vent. La gréviste de la faim qui bouffait — les nourritures de cette Ghandi d’opérette étaient bien terrestres — en douce pendant 32 jours dans un cagibi de l’aéroport de Lanzarote en faisant des mantras, c’est-à-dire des formules sacrées du brahmanisme pour ne pas être découverte, ne veut pas de notre document de voyage. Elle ne l’aime pas. Elle ne le demande pas. Elle ne l’espère pas. Elle n’en fait pas mention. Même notre nationalité, elle s’assoit dessus sans ménagement. Maintenant est-ce  que vous pensez que quelqu’un va démissionner à la suite de cette pantalonnade ? Est-ce que le Parlement marocain va piquer une colère noire et demander des comptes à l’exécutif pour lui demander ce qu’il a fait de notre cause nationale ? Est-ce que vous pensez que les télévisions du pôle nord magnétique public  vont lancer un débat quotidien fracassant, durant sept jours et sept nuits, pour faire comprendre au peuple des téléspectateurs ce qu’il est advenu de leur cause sacrée ? Est-ce que vous pensez que les médias officiels — girouettes fragiles dont dispose un vent inconstant — vont mettre en concordance leurs positions d’avant et d’après le retour de la gréviste de la faim qui a de l’appétit ? Pour changer de sujet, avant d’y revenir, pensez-vous que l’Algérie est un modèle régional des droits de l’Homme ? De transition démocratique ? Un modèle de gouvernance des guerres civiles qui font plus de 200.000 morts ? Pensez-vous que les séquestrés de Tindouf sont des êtres humains ou des insectes ? Si on leur donnait des passeports philanthropiques, combien d’entre eux rentreront chez eux dare-dare ? Réfléchissez, je repasserai un jour pour récupérer les réponses. Vous avez tout votre temps, trente-cinq ans encore. Le temps que mettra la presse internationale de bonne foi à comprendre ce qui est en train de se  passer dans notre sous-région. Le temps nécessaire pour comprendre qu’elle participe au coulage d’un modèle que personne ne veut voir prospérer.

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