Éditorial

Quelles conséquences pratiques aura l’extension du champ de la régionalisation au Maroc sur le discours du Polisario ? Quel impact aura ce puissant mouvement institutionnel marocain sur la crédibilité du plan d’autonomie proposé comme solution à ce conflit ? Comment le cours des négociations erratiques entre le Maroc et le Polisario va être influencé par cette nouvelle dynamique régionale ? Et comment, pour en finir avec les questions, M. Ban Ki-moon  et M. Ross, le secrétaire général des Nations unies et son représentant spécial dans l’affaire du Sahara, vont-ils prendre acte, acter comme on dit maintenant, de ce deuxième pas en avant décisif d’une des parties au conflit, justement celle qui fait preuve d’audace, de temprérance et d’imagination ; celle qui est en mouvement, celle qui nourrit le débat en-dehors des antiennes du passé; et celle, surtout, qui défend le droit insécable à son intégrité territoriale, à son unité nationale et qui administre légitimement le territoire ? Dire que nous sommes arrivés à un tournant est une lapalissade. De deux choses l’une, aujourd’hui : soit le Polisario, dans l’intérêt des séquestrés de Tindouf en Algérie, s’émancipe un tant soit peu de la tutelle, stérile et humiliante, algérienne et s’enrôle à temps dans des négociations sérieuses et dignes pour améliorer l’offre d’autonomie, soit les choses se feront sans lui. Les Sahraouis unionistes peuvent faire les institutions de l’autonomie sans les séparatistes. Ils ne sont ni moins sahraouis, ni moins représentatifs, ni originaires de tribus moins légitimes. Au contraire. L’avenir du séparatisme, comme dans le Pays basque espagnol, est d’être une expression politique minoritaire, romantique et socialement non pertinente. Par contre l’autonomisme, c’est-à-dire la référence en terme de gouvernance telle qu’elle sera fixée par le plan définitif d’autonomie, pour réussir tous les Sahraouis marocains sous la même souveraineté et sous le même désir d’émulation pour faire de ces provinces un modèle d’intelligence régionale, un modèle de gouvernance inédit dans notre région, et surtout un modèle démocratique, respectueux des droits humains,  duplicable et reproductible, pour trouver des solutions pacifiques et civilisées à des tensions ethniques, culturelles ou linguistiques au Maghreb.

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