Éditorial

Quand au sommet du pouvoir algérien les choses vont mal, les règlements de comptes, souvent violents, se font par voie de presse. Un théâtre d’ombres qui met en jeu des personnages évanescents dans un décor irréel. Le quotidien — c’est le cas de le dire—, triste et terne, n’a aucune prise sur cette réalité insaisissable. Tout à coup les dénonciations deviennent compulsives, les révélations successives, et les demandes d’expiation massives. Une poésie sanguinaire et absurde dont la rime se perd dans la nuit des temps algériens maudits. Une grammaire monstrueuse qui tranche les langues. Les dieux de ce pays aiment se désaltérer de sang filial. Une question de goût. Il est des divinités païennes qui se nourrissent de chair, celles-ci se contentent de boire. Jusqu’à plus soif. L’ivresse du pouvoir. Une guerre civile plus tard, la source ne semble pas tarie. Elle sourd encore de douleurs non enfantées. De violences reportées. De mutilations décalées. Cette source est encore grosse de haines rances et de misères tues. Un destin écrit à l’avance. Son avènement est génétique, c’est-à-dire qu’il ne doit rien à l’humanité, au savoir, à la culture ou à la civilisation. Loin de là. Ses composantes hasardeuses obéissent à une chimie ancienne. Les affaires de corruption qui secouent actuellement l’Algérie : l’autoroute Est-Ouest, les contrats de la Sonatrach, etc. ne sont rien. Ce sont les âmes de ces dirigeants qui sont corrompues. Ce sont elles qui plongent ce pays dans l’abysse. Ce sont elles qui martyrisent cette nation digne et pacifique. Ce sont elles qui font souffrir une région entière qui ne demande qu’à vivre dans la paix. Une gouvernance diabolique. Un peuple martyr. Et un Maghreb crucifié. Au diable les misérables sous du gaz… Une malédiction.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *