Éditorial

Le fait que le nouveau patron du RNI, Salaheddine Mezouar, ait placé, immédiatement après son élection, son parti dans une posture d’alliance préalable pré-électorale est un pas vers la clarification de la vie politique marocaine. Il faut le reconnaître. Les Marocains, au moins ceux, peu nombreux hélas, qui s’acquittent de leur devoir électoral, doivent légitimement savoir, qui est avec qui, avant d’aller voter. Pendant trop longtemps on s’est moqué d’eux. Les marchandages post-électoraux, à tous les niveaux, ont fini par décrédibiliser totalement l’exercice de la démocratie et éloigner les citoyens des urnes. Un retour, donc, aux fondamentaux politiques n’est pas superflu et peut  participer à l’amélioration des choses. Maintenant que la pétition de principe est expédiée, on peut se poser, accessoirement, et en vrac, la question de savoir qui a vocation à s’allier avec qui ? Sur la base de quoi ? De quelles valeurs ? De quels programmes ? De quels profils sociologiques ? De quel leadership ? De quelle culture militante ? De quelle base sociale ? Enfin les questions sont nombreuses mais la tradition locale veut que, jusqu’à présent, tout soit possible avec n’importe qui. C’est l’occasion qui fait le larron. Tout était possible et l’inverse également et réciproquement. Jamais le débat n’a véritablement porté sur les valeurs, la doctrine, les principes, etc. Toutes ces choses qui fondent une vraie vie politique normale, un vrai vécu ou une vision de l’avenir d’une nation. Moussa Haj ou Haj Moussa, c’est du kif-kif au même. C’est vrai, il y avait à gauche, dans un passé qui semble très lointain, quelques velléités d’existence politique autonome, mais tout cela s’est perdu depuis l’alternance dans le vaste désert de la ministrabilité. Alors qui va avec qui ? Ce dont nous sommes sûrs, aujourd’hui, c’est que c’est le PAM  qui donne le la. Les autres partis dansent une polka endiablée. Le PAM agit comme un pôle magnétique qui aimante tout le champ. Le spectre de cette attractivité est large. Rapprochement USFP-PJD, balayé. Radicalité de Driss Lachgar, dissoute. Résistance de Mustapha Mansouri, neutralisée, etc. Le reste est à l’avenant. Tant mieux. Ou tant pis. Les Marocains ont besoin de clarté. Et tout ce qui y contribue, désormais, est le bienvenu.

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