Éditorial

Le pape Benoît XVI traverse, encore une fois, une passe difficile. Les anciennes affaires d’abus sexuels de prêtres sur les enfants remontent à la surface. Les révélations se suivent et, malheureusement, se ressemblent. Des religieux profitant de leur position morale ont abusé sexuellement de l’innocence des enfants qui leur étaient confiés. Cette crise profonde touche l’Eglise au coeur de sa crédibilité morale. La crise avec l’Islam n’était rien comparée à celle-ci. Avec les Musulmans, c’était dogme contre dogme. Là c’est le catholicisme lui-même qui est touché de l’intérieur. L’enquête irlandaise — pays où les abus ont été commis à grande échelle et plus longtemps qu’ailleurs — a montré que la hiérarchie, que l’Église, savait. C’est une circonstance aggravante qui fixe davantage l’idée de gouvernance opaque que l’on prête d’une manière trop générale au Vatican depuis les débuts de la Deuxième Guerre mondiale. Benoît XVI condamne et déplore ces abus. Peut-il faire plus ? Cependant, nous serions bien inspirés de balayer devant nos portes. Nos enfants ne sont pas à l’abri de ce genre de sévices. Ils y sont exposés toute la journée. Le faible nombre de faits divers que publie la presse marocaine est assez éloquent. Il nous faudra immuniser les «métiers» sensibles. Il nous faudra, également, encourager sérieusement les associations qui brisent ce genre de tabous et qui brisent le silence qui entoure chez nous, trop souvent, l’enfance violée et maltraitée sexuellement. Il faut former les cadres de ces associations et leurs travailleurs sociaux. Il faut les mettre en réseau. Et les faire profiter des expériences internationales réussies dans ce domaine en matière de prévention, d’information et de mobilisation de l’opinion publique.

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