Éditorial

Un mois après le tremblement de terre à Haïti que reste-t-il des émotions du monde ? Près de 217.000 morts après, le monde continue à tourner, les haïtiens à espérer et les promesses à être faites. Le drame haïtien, malgré ses flagrantes apparences géologiques, sa rudesse tectonique, est de nature politique. C’est une question de gouvernance. Quand l’incurie généralisée rencontre une catastrophe naturelle c’est un peuple qui est offert en pâture à des dieux improbables : criminels, insolents et vulgaires. A la faveur de ce naufrage de la raison on a souvent répété qu’au Japon — et c’est un compliment authentique — la démocratie, plus l’état de droit, plus la science font que les tremblements de terre ne débordent jamais de leur vraie nature : une calamité naturelle nécessaire, et ne se transforment jamais en arme de destruction massive susceptible d’enterrer tout un peuple. Là est la différence. En cette matière l’on voit bien, la colère et l’émotion, même contenues, vont de pair. Elles apportent à l’indignation ce qu’il lui faut pour marquer la mémoire, pour tirer les leçons, pour anticiper l’avenir, pour aller au-devant des besoins nécessaires d’une humanité perdue. Paix, sécurité, bien-être, compréhension, etc. Le Maroc est en chantier. Il est en marche. Il est conscient de ses forces et de ses faiblesses. Mais il n’est pas exonéré de la leçon haïtienne. Il ne peut pas se penser à l’abri des conséquences désastreuses de la mauvaise gouvernance surtout quand celles-ci sont exacerbées par les coups de boutoir d’une nature rendue folle. Ces désordres interrogent aussi l’Etat marocain, son organisation, sa capacité de faire respecter par tous les règles, à être impartial, et à protéger sa population.

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