Éditorial

La dernière édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL) a-t-elle apporté du nouveau pour le livre marocain? Pour l’édition marocaine ? Pour les auteurs marocains? La maîtrise de cet événement est manifeste. Selon les visiteurs, l’organisation est meilleure que par le passé, elle a gagné en professionnalisme. Et les débats en marge sont substantiels et denses. Mais tout cela veut-il dire que le livre marocain se porte bien ? Qu’il est lu ? Que les auteurs vivent de leur art et de leur talent? Que leurs droits sont respectés? Que la diffusion est efficace et transparente? Que le prix du livre est soutenu ? La vérité est qu’un pays d’une grande et vaste culture comme la nôtre, multiséculaire, a un secteur du livre indigent et sous-développé. A ce jour, nous n’avons pas encore réussi à faire entrer le livre dans l’agenda des réformes, de la mise à niveau et de la politique globale de modernisation que mène le Maroc de Mohammed VI. C’est étonnant que le vent des réformes n’embrase pas ce secteur vital pour notre identité et pour notre existence en tant pôle culturel continental indiscutable. La semaine dernière le tapis marocain — et c’est une idée lumineuse — a bénéficié d’un contrat-programme avec l’Etat d’une valeur de 126 millions de dirhams. Formidable. Faut-il en déduire que les valeureux artisans qui défendent depuis des années le tapis marocain sont plus efficaces que les légions d’auteurs démotivés, exilés, désargentés, aux droits spoliés, asséchés, ou simplement niés ? Probablement. Aujourd’hui, dans toute la galaxie culturelle marocaine seuls les auteurs — édités au Maroc, notamment — n’arrivent pas à vivre de leur art. Les autres se débrouillent tant bien que mal. Les arts plastiques flambent, le théâtre survit mieux que prévu, le cinéma explose, la chanson est dans tous les festivals, la photo fait son chemin, etc. Seul le livre, malgré une éclosion exceptionnelle de talents, n’arrive pas à exister d’une manière qui soit satisfaisante. C’est dommage.

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