Éditorial

La crise diplomatique entre Alger et Bamako est très significative du désordre sécuritaire qui règne dans notre sous-région sahélienne. Voilà un Etat, le Mali, un Etat souverain, qui décide de libérer quatre terroristes condamnés après un marchandage sordide avec l’organisation terroriste AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique). En contrepartie, un otage français, Pierre Camatte, rapté par ces mêmes terroristes, est libéré. Qui gagne dans cette affaire ? La morale ? La lutte antiterroriste ? La sécurité régionale ? La stabilité de la région ? Peu probable. L’Etat malien s’affaiblit davantage face aux terroristes. Et la France perd de sa superbe et vide de tout sens ses pétitions de principe sur le refus de négocier avec le terrorisme. Maintenant, revenons à l’Algérie. Pourquoi est-elle en colère ? La raison est simple : deux des terroristes, Mohamed ben Ali et Tayed Nail, libérés dans ce sinistre marchandage sont algériens, poursuivis par la justice algérienne, et font l’objet d’une double procédure d’extradition en 2009 et en 2010. Il y a en effet de quoi se fâcher et de rappeler même son ambassadeur. Ce que les autorités algériennes ont fait sans coup férir. Et elles ont raison. Mais ce qui gêne quand même un peu dans le communiqué algérien sur la question, au-delà du ton leader d’Afrique et du tiers-monde, du «nif» (intraduisible) et du caractère ombrageux et volcanique du texte,  c’est quand même la mention assez hypocrite à des «développements dangereux pour la sécurité et la stabilité dans la région sahélo-saharienne» qui intrigue. La vraie menace pour la sécurité de la région c’est Tindouf. C’est autour de ce réduit financé, contrôlé et armé par l’Algérie que se font tous les trafics humains, toutes les violations des droits  de l’Homme, toutes les planifications terroristes, toutes les corruptions paramilitaires et toutes les violences infligées à notre région. Messieurs, franchement, finissons-en avec Tindouf, et sa tragi-comédie sahraouie, et nous en aurons fini avec ce ventre mou sécuritaire sahélo-saharien. Il ne faut plus chercher midi à quatorze heures.

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