Éditorial

«Cessez d’instrumentaliser un discours qui, éthiquement, devrait être au-dessus de toutes les instrumentalisations parce qu’il s’agit de droits humains et non pas de petits intérêts politiques et d’ambitions plus ou moins douteuses et suspectes». Cette saillie est de Ahmed Herzenni. Une provocatrice du Polisario en a fait les frais alors qu’elle essayait de perturber un atelier qu’il dirigeait aux NU à Genève sur la justice transitionnelle et les réparations communautaires. Ahmed Herzenni, pour ceux qui le connaissent, est en général un peu hérisson; il devient assez voté porc-épic  quand il a affaire à de la mauvaise foi. Depuis l’épopée tragi-comique de Aminatou Haidar à Lanzarote — une professionnelle de la question — le fonds de commerce des droits de l’Homme au Sahara ne cesse de se déprécier. L’usage qui en est fait par les activistes du Polisario est en train de tuer une belle et généreuse idée. Tout le monde est convaincu de l’utilité de la promotion des droits de l’Homme au Maroc d’aujourd’hui mais pas de l’usage qui en est fait par des professionnels de l’activisme notamment séparatiste. Cela devient outrancier. Silence à Tindouf et tapage rémunéré à Genève ou à New York. Silence à Alger et psychodrame orchestré à Laâyoune. Silence partout dans la région et haro sur le Maroc. «C’est dans les pays où la presse est plus libre où l’on relève sévèrement les violations à la liberté  d’expression, sinon dans les autres la question ne se pose même pas» m’a, un jour, déclaré finement  un diplomate en poste à Rabat. Il avait raison.  C’est aussi valable pour les droits de l’Homme. Il est effectivement plus difficile — et plus exigeant moralement — de construire la démocratie  que de tromper par des artifices éculés l’opinion publique internationale. Tout finit par se savoir. Il faudrait juste pour avancer vite et correctement immuniser, contre les dérives éthiques, les capacités «locales» à l’indignation et à la dénonciation quand les faits sont justement fondés.

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