Éditorial

Notre pays peut être fier d’organiser des manifestations culturelles et scientifiques telles que le colloque: «Les migrations juives : Identité et Modernité au Maghreb». Ce séminaire, studieux et expert,  qui  a clos ses travaux samedi soir à Essaouira après trois journées de débats fait, effectivement, partie des évènements culturels qui fondent la singularité de notre nation. Nous n’avons aucune leçon à recevoir dans le domaine, tellement fragile et rare, que celui de l’ouverture, du partage, du dialogue interculturel, de la compréhension interreligieuse  ou de la tolérance. Nous assumons notre part d’humanité, plutôt avec panache, et nous faisons vivre à notre manière l’«Alliance des civilisations» vis-à-vis de laquelle nous sommes, historiquement, un contributeur net. Maintenant, sur un autre plan, celui de la libération de la Palestine — à l’intention de ceux qui ont voulu faire de la rencontre d’Essaouira un sommet de la normalisation avec Israël — nous n’avons pas non plus de leçons à recevoir. Ceux qui veulent, aujourd’hui, nous aligner sur les postures les plus contre-productives dans la recherche de la paix au  Moyen-Orient savent que si la voix du Maroc est entendue dans la région, d’une manière durable, crédible et constructive, le Maroc la doit à sa singularité culturelle dans la région, à son interculturalité originelle et  au poids des valeurs comme la tolérance, le respect des différences et le souci de la liberté des gens dans son  histoire multiséculaire. Ce sont là des choses connues. Mais, faire de la basse surenchère associative en cette matière, c’est faire montre de la part d’aucuns de troubles identitaires graves. Stigmatiser André Azoulay ou clouer au pilori Driss Yazami sur des thématiques de cette nature relève en fait des vastes ignorances et des étendues incultes qui nous guettent et qui peuvent un jour nous engloutir. Ces personnalités, avec générosité, ont plus donné — l’engagement d’une vie — à la cause de la paix entre Palestiniens et Israéliens que les professionnels d’une haine souvent importée.

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