Éditorial

La pression politique sur le gouvernement est désormais explicite. Les deux années qui restent — dans le meilleur des cas — au gouvernement  de Abbas El Fassi ne seront pas un long fleuve tranquille.  Les attaques ciblées du PAM  annoncent à l’évidence une crispation du débat qui ne sera pas, forcément, compte tenu des biais retenus, d’une grande valeur ajoutée démocratique. Ce débat se  cristallisera, également, sur la personne du Premier ministre et de son parti. Face à cela, il serait faux de prétendre que Abbas El Fassi n’a pas de ressources. L’homme est d’abord habile, très habile pour être précis, et il s’est juré de finir, coûte que coûte, son mandat. Et, en outre, son parti, l’Istiqlal, n’est pas un premier venu, un béotien, dans le vaste et sophistiqué domaine de la politique nationale. Le seul vrai danger que court ce parti est celui qui viendrait de l’intérieur, et non pas de l’extérieur. Ce n’est pas la virulence du président du groupe de conseillers du PAM à la deuxième Chambre, Hakim Benchamach, un homme entier, qui est la plus à craindre. Le danger réel pourrait venir des manœuvres internes, plus ou moins spontanées, que peut développer le maire futé de Fès, Hamid Chabat, pour le contrôle du parti en contournant le leadership actuel. La convergence d’une déstabilisation externe et de manœuvres internes suscitées peut constituer, dans des délais assez brefs, une nouvelle situation politique à gérer. Si on ajoute à cela le poids politique du principal courant qui traverse le PAM, celui des impatients, qui pousse à une redistribution rapide des cartes et des portefeuilles, on peut s’attendre à une accélération exponentielle des évènements. Il n’est pas encore très sûr que l’intérêt général soit le moteur principal de cette poussée.

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