Éditorial

Il paraît que les 100 jeunes ralliés du Polisario seraient des agents double. Des agents infiltrés par les séparatistes pour fomenter des troubles graves au Sahara qui conduiraient à des violations graves des droits de l’Homme qui, elles-mêmes, aboutiraient à des condamnations internationales graves du Maroc qui finiraient fatalement, enfin,  par une perte de souveraineté grave du pays sur ce territoire. Cette histoire formidable fait florès ces derniers jours  dans les rédactions. Elle est stupéfiante à plus d’un égard. Un scénario enfantin qui fait jouer au Maroc le rôle de l’imbécile et pare ses adversaires de toutes les intelligences concevables.  Cent agents ­— des agents éveillés en comparaison aux agents dormants — rentrent d’un seul coup en klaxonnant  et en cortège. Avec, en face, des idiots qui offrent les dattes et le lait de chamelle. Les gauchistes avaient par le passé construit la crédibilité de leur discours contre la répression en le fondant sur une connaissance presque intime des procédés de la police. C’est ce qu’a révélé l’IER. Après quand ils se sont lancés dans la politologie, ou la science politique,  ils  avaient une vraie connaissance des ressorts de l’action collective. Les types savaient de quoi ils parlaient. Les sécuritaires de leur côté connaissaient, également,  leur sujet et ne traitaient  pas leurs adversaires à la légère. Ils savaient de science certaine qu’ils étaient instruits donc dangereux.  L’IER nous a, aussi, donné les détails les plus macabres de cette guerre. Mais d’une manière générale, le niveau des uns et des autres était très élevé. Il n’y avait guère de place aux enfantillages. Aujourd’hui, le niveau général baissant gravement,  c’est exactement l’inverse qui se passe. Au naufrage du Polisario, concomitant avec le crépuscule du pouvoir actuel algérien, il y a le naufrage de nos  commentateurs en herbe qui se noient dans des hypothèses tragi-comiques. Ils font étalage d’une ignorance  enthousiaste  que masque  mal leur désir pathétique de vouloir franchir en permanence, et coûte que coûte,  des lignes de front qui n’existent que dans leurs têtes. Ça serait audacieux, si c’était moins mécanique et moins binaire. La vérité est toujours dans la nuance  même si tes adversaires peuvent, parfois, sourire de tes précautions. Gravement.

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