Éditorial

Notre confrère Karim Boukhari a eu raison, dans la dernière édition de TelQuel, de souligner qu’un vent de panique a soufflé après la dernière audience du Dialogue national : Médias et société  consacrée au pôle public de télévision, la SNRT.  Le reportage publié à cette occasion par un confrère, probablement manipulé,  qui a depuis cessé de paraître, relatait des «propos» rapportés par une source anonyme dans le cadre d’une audience à huis clos. La cascade de démentis qui s’en est suivie, et les excuses présentées par la publication elle-même ont rapidement mis un terme à cette fausse affaire. Il reste le fond. Est-ce qu’on peut parler légitimement dans le cadre d’un débat national ouvert, serein et sans tabou  de l’avenir de la télévision dans notre pays  — du service public pour être précis —  sans être immédiatement accusé de vouloir censurer le Souverain ?  Peut-on réfléchir au rôle stratégique de la  télévision dans le Maroc nouveau sans être cantonné, voire acculé,  à une posture honteuse de lèse-majesté? C’est de la pure intimidation.  Une basse manœuvre  d’une violence inouïe pour maintenir le statu quo dans un audiovisuel public incapable aujourd’hui  de se remettre en question et qui serait devenu le dernier tabou d’un Royaume qui n’en a plus. C’est vraiment dommage que l’on trouve des poches de résistance ataviques  là où l’on devrait naturellement trouver des  vecteurs d’émancipation, de progrès et de modernisation dans une société plurielle ouverte médiatiquement sur le monde.

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