Éditorial

Le moins que l’on puisse dire c’est que le ministère de Affaires étrangères algérien serre les vis aux diplomates accrédités à Alger. Mobilité réduite, déplacements bureaucratisés à outrance, réduction du spectre des rencontres politiques, limitation des rendez-vous informels avec la population, des déplacements privés, etc. Il semblerait que ce soit la stricte application de la convention de Vienne. Pas si sûr. Ce texte calcifié ne traduit pas nécessairement l’évolution des mœurs diplomatiques dans le monde. Les missions sont moins dans le renseignement, comme au Maroc, les progrès de la démocratie de la liberté d’expression ont rendu caducs tous les vieux dispositifs. Elles font plus de veille économique et de benchmarking, la mondialisation et la guerre féroce pour les parts de marché obligent à des postures plus agressives. Elles développent aussi, surtout pour nos amis américains et européens, plus de vigilance sur la question vitale des droits de l’Homme. Elles en font, finalement, plus dans le soutien de la vie culturelle et artistique avec la vitalité de leurs centres culturels. C’est pour cela que la démarche du pouvoir algérien est vaine. En limitant la mobilité des diplomates, il ne pourra ni cacher, ni occulter, ni enjoliver la vraie situation du pays. Quand ça ne marche pas, ça ne marche pas, c’est le peuple déjà, en premier lieu, qui le sait, les chancelleries viennent, ensuite, mais ce n’est pas le plus important. Au Maroc, quand un ambassadeur finaud donne un déjeuner ou un dîner en invitant une dizaine de convives locaux enthousiastes, il sait, s’il est un peu habile, en lançant un débat sensible, sans avoir l’air d’y toucher, que tout le monde va se mettre à table. Il aura entre le dessert et la poire un rapport circonstancié sur le pays. Une vraie photographie. Juste un peu floutée par la reconnaissance du ventre mais gratuite.

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