Éditorial

La multiplication, chère à notre ministre des Habous, des Conseils provinciaux des ouléma, une sorte de provincialisation rampante de la fatwa, a fini par produire ce que nous redoutions sur ces mêmes colonnes. Une sorte de cacophonie territoriale doctrinale, une déconcentration du dogme, une dilution rituelle. Il était très risqué, sans ressources humaines fiables, de multiplier, à l’image de l’administration  territoriale, qui, elle, est organisée pour cela, des Conseils provinciaux hasardeux. Aujourd’hui, le Conseil des ouléma de la préfecture de Aïn Chock dans la wilaya de Casablanca a fait une sortie remarquée contre les festivals et, notamment, contre la prestation d’Elton John à Mawazine. Ce conseil officiel enfourche, donc, la campagne frénétique  du PJD pour la défense supposée des valeurs religieuses et sociales qui seraient en danger dans  ce pays. Une convergence détonante. Si les Conseils religieux officiels commencent à servir la soupe au PJD, où allons-nous? Entre le wahhabisme irresponsable du passé, le salafisme criminel des kamikazes et le maraboutisme sympathique actuel, c’est un peu la confusion. Ahmed Toufiq devrait revoir ses fiches. Et surtout examiner de près l’état de ses troupes. Le personnel, pour faire vivre la sécurité cultuelle, doit être irréprochable. Quand on chasse le docte Redouane Benchekroun de la prière du vendredi de la  mosquée Hassan II, il était son imam plein galons, il n’est pas étonnant de le retrouver en train de mener la fronde contre les festivals dans son modeste Conseil des ouléma de Aïn Chock pour se rappeler au bon souvenir de son ministre amnésique. Cela fait désordre. Un des deux doit partir. En général dans les armées prestigieuses, et qui ont un sens de l’honneur élevé, c’est le plus gradé qui s’en va.

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