Éditorial

L’accord sur le nucléaire civil entre l’Algérie et l’Afrique du Sud, signé récemment à Alger, avec beaucoup de bruits,  constitue-t-il un danger pour le Maroc? Change-t-il la donne sur le plan géostratégique ? Bouleverse-t-il les rapports de force régionaux ? Quand un adversaire séculier  noue une alliance stratégique de cette nature avec un partenaire continental de ce poids, nous ne pouvons que réfléchir aux conséquences de ce nouvel ordonnancement sur notre propre sécurité. Le nucléaire civil est aujourd’hui un concept tellement vague qu’il a du mal à masquer de vraies projections de puissance. La crise iranienne le démontre. La banalisation récente de cette question, la faible autorité morale du TNP et la course effrénée à la nucléarisation clandestine, souvent le fait d’Etats voyous, font de cette question le vrai cauchemar du 21ème siècle. Dans ce sens, l’axe stratégique Alger-Pretoria, dans le domaine notamment nucléaire, n’est plus une  virtualité. Le passage à l’acte est officiellement constaté. L’un maîtrise la matière première, l’uranium, l’autre maîtrise les techniques d’enrichissement qu’il a probablement «empruntées»  de longue date à ses amis israéliens. Nous sommes face à un vrai marché. Celui de la prolifération. Le Maroc est fondé  à demander des garanties internationales sérieuses sur ce qui est en train de se passer dans la région. La communauté internationale ne peut avoir un discours crédible si sa doctrine en la matière continue à revêtir une géométrie variable. Les milliards de l’Algérie qui ne vont pas au développement du pays à cause de la faillite de l’Etat peuvent autoriser toutes les folies nucléaires.

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