Éditorial

Tout a été dit, ou presque sur le congrès du PPS qui a vu Nabil Benabdellah prendre les rênes de l’ex-parti communiste marocain. Un aggiornamento en bonne et due forme. Un compromis historique avec la monarchie. Un rôle actif dans la transition vers la démocratie. Des documents politiques abondants et, justement, bien documentés. Renouvellement dans la transparence des cadres dirigeants. Election indiscutable du nouveau secrétaire général. Le PPS a décidément, depuis quelques années, tout pour être un grand parti politique. Mais il n’y arrive pas. C’est cela le mystère de la vie politique marocaine. Il ne suffit pas d’être bon en théorie, il faut être fort en pratique, c’est-à-dire sur le terrain. Or le terrain est tenu par ceux qui n’ont ni de près ni de loin le bagage historique du PPS. Il est tenu par les notables et l’argent sale. Ils ne connaissent ni compromis entre le mouvement national et la monarchie, ni Koutla démocratique, ni alternance, ni transition. Ils paient les Marocains pour voter pour eux ou dans les meilleurs des cas, ils jouent sur leur analphabétisme, leur frustration, leur courte vue et leur indigence. L’équation que doit résoudre Nabil Benabdellah est de savoir comment transformer un congrès réussi en vrai retour sur le terrain «concret» de la politique pour stopper les contre-performances électorales du passé. Il n’y en a pas d’autre. C’est un vrai défi. Tout le monde connaît le volontarisme de Nabil Benabdellah, c’est son principal atout, gageant qu’il va tout de suite s’employer à inverser les tendances.

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