Éditorial

L’affaire de l’imam qui aurait tenu des propos anti-amazigh n’est pas nette ? Deux communiqués d’ONG des droits de l’homme le dénoncent, un communiqué bavard du ministère des Habous le défend. On n’est pas sûr qu’au bout du compte la vérité se retrouve. Les faits sont graves et une enquête sérieuse, indépendante et approfondie doit être menée. Ce que nous voulons savoir, au-delà des faits incriminés, s’ils arrivent à être avérés — assimiler l’amazighité au sionisme — c’est pourquoi, ces derniers temps, les prédicateurs et les imams officiels se lancent, au nom de la religion, dans des exercices improvisés de révisionnisme culturel. Comme si l’urgence fantasmée d’une ré-islamisation de la société autorisait tous les excès. Comme si la fameuse guerre de la sécurité cultuelle à résonance maraboutique, et ses étranges excroissances administratives, tournait sur le terrain à un jeu de massacre. Il y a là manifestement un vrai problème que le ministre des Habous ne peut pas éluder, comme à son habitude, du haut de sa science séculière. Si ses prédicateurs dérapent, c’est qu’ils sont mal formés ou mal préparés à la tâche qui leur est confiée. Si ses imams dépassent les limites du religieusement correct, c’est qu’ils ne sont plus au fait de leur mission. Dans tous les cas, cela pose la question de la gouvernance du fait religieux notamment dans sa dimension ministérielle, c’est-à-dire opérationnelle.

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