Éditorial

Il y a un vrai problème de gouvernance sécuritaire à Mellilia. La fébrilité des forces de sécurité espagnoles dans cette ville marocaine occupée a de quoi inquiéter. Les signaux se multiplient depuis plusieurs semaines et montrent des sécuritaires locaux espagnols pris de panique, et, à vrai dire, un peu livrés à eux-mêmes. Ils peuvent passer le point de non-retour. Sous la pression de l’actualité, ils sont entrés en guerre. Tous seuls. Sur une affaire éminemment politique sur laquelle Rabat et Madrid sont sur le qui-vive, les brigadiers de Mellilia doivent avoir de la retenue. Il serait dommage que les relations bilatérales, assez prometteuses, au demeurant, soient surdéterminées, dans un avenir immédiat, par des bavures faites par des policiers coloniaux qui ont des états d’âme. Il faut reprendre ces derniers en main et leur expliquer ce qu’il y a d’attentatoire aux droits de l’homme de tabasser des citoyens d’un pays tiers au motif qu’ils sont fiers de leur drapeau national et ce qu’il y a de honteux pour l’Espagne de salir davantage son image du fait de fiers-à-bras hérités d’un passé colonial dépassé. Il faut, finalement, expliquer à ces «campeones» de la trique que nous sommes au 21ème siècle et que les relations entre les états ne se règlent ni par les barbouzeries glauques, ni par les coups de menton militaristes.

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