Éditorial

Et voilà que l’on apprend que les banques et les assurances françaises vont continuer à délocaliser une partie de leurs services au Maroc ! Selon toutes les prévisions cette dynamique va s’accélérer, rapporte le quotidien français La Tribune. Cela ne doit pas uniquement nous réjouir, au nom du patriotisme économique, mais davantage nous obliger. Avant l’offshoring le bas salaire, que l’on pouvait offrir, était, au détriment d’ailleurs de toute conscience sociale, notre seul argument. Mais cet avantage stratégique du pauvre va être rapidement battu en brèche justement par plus pauvres que nous. L’offshoring, dans son acception actuelle, nous a offert ces dernières années une possibilité d’un nouveau positionnement. Il fallait offrir davantage. Plus que le dumping social. Il fallait offrir des plates-formes modernes, des technologies de l’information à la hauteur, des infrastructures dignes de ce nom, du personnel formé et un environnement général propice. Cela on l’a plus ou moins réussi sans que cette réussite ne prenne dans notre versant de la Méditerranée des proportions indiennes. Le problème c’est que la crise a rattrapé la mondialisation. Le jeu s’est grippé. Le Nord voit avec de plus en plus de mal l’hémorragie de ses emplois. Le Sud qui a joué le jeu en s’ouvrant, dans tous les sens, se voit — pour les meilleurs de la classe—, sa stratégie de survie remise sérieusement en cause. C’est la panne. Mais si nous voulons la dépasser, il faut que notre formation dans ces métiers soit meilleure que celle de nos concurrents. Multisectorielle et multilingue. Et c’est là où le bât blesse. Le marché ayant ses lois, il nous faut continuer à améliorer notre offre globale.

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